Guillaume Blanc, CEO de MerciYanis, explique comment l’entreprise a commencé à remplacer certains logiciels SaaS par ses propres outils développés avec Claude Code et Lovable. L’entretien de septembre 2026 détaille notamment le remplacement d’Airtable par My Stock, puis la reconstruction du site auparavant géré avec Webflow.
Pendant longtemps, développer un outil en interne n’était pas vraiment une option pour MerciYanis. Comme beaucoup d’entreprises, la société utilisait des logiciels SaaS quitte à adapter ses processus à leurs limites. Avec les progrès des outils de développement assisté par IA, Guillaume Blanc, le CEO, a commencé à remettre cet arbitrage en question.
Le premier test a été opérationnel. MerciYanis utilisait Airtable, entouré de nombreuses automatisations Zapier, pour gérer son parc de capteurs. L’entreprise a décidé de remplacer cet ensemble par un outil vibe-codé, My Stock, son propre ERP.
Le projet a pris environ quatre mois, avec un freelance mobilisé autour de deux jours par semaine. Guillaume Blanc estime l’effort total à une trentaine de jours de développement. À l’arrivée, Airtable sort du workflow et l’usage de Zapier est, selon lui, divisé par dix.
Cette première expérience a servi de déclencheur. MerciYanis a depuis lancé une dizaine d’outils internes. Les plus structurants passent par une chaîne de développement autour de Claude, GitHub et Vercel ; pour des besoins plus ponctuels, les équipes utilisent plutôt Lovable.
La même logique a ensuite été appliquée au site Internet. Webflow a été supprimé après qu’un freelance a reproduit le site en moins d’une semaine, pour un coût situé autour de 1 000 euros selon Guillaume Blanc.
L’IA ne remplace pas pour autant toute la stack SaaS. Certains outils sont supprimés, d’autres simplement moins utilisés ou complétés par des développements internes. Pour Guillaume Blanc, c’est surtout la frontière entre acheter et développer un logiciel qui est en train de bouger - avec, en contrepartie, une question qui reste entière : celle de la maintenance et de la dette technique.
Pourquoi arrêter d'utiliser Airtable et vibe-coder son propre logiciel métier ?
MerciYanis a remplacé
Airtable parce que l’accumulation d’automatisations
Zapier autour de sa base de capteurs rendait progressivement le système fragile.
La gestion de ces capteurs est au cœur de son activité : MerciYanis aide les entreprises à piloter la maintenance, la propreté et les services aux collaborateurs dans leurs locaux, en s’appuyant notamment sur des capteurs pour suivre les usages ou détecter certains événements.
Autour de sa base Airtable, Guillaume Blanc avait construit de nombreuses automatisations Zapier. Elles permettaient par exemple d’envoyer automatiquement des messages aux constructeurs lorsqu’il fallait commander du matériel.
Le système fonctionnait, mais devenait fragile.
Guillaume Blanc le compare à « une tuyauterie qui avait des petites fuites d’eau » qu’il fallait régulièrement venir colmater. L’entreprise décide alors de reconstruire le workflow sous la forme d’un véritable ERP interne, codé directement avec Claude Code. Le nom du projet : My Stock.
L’objectif n’est pas simplement de reproduire
Airtable dans une autre interface. MerciYanis cherche à construire un outil exactement adapté à son fonctionnement opérationnel.
« En développant notre propre solution avec Claude Code, on se retrouve avec un outil qui répond à 100 % de notre besoin. »
Comment l’ERP vibe-codé de MerciYanis relie-t-il HubSpot aux commandes de capteurs ?
My Stock gère progressivement les commandes, les achats et les stocks de capteurs, ainsi que leur déploiement chez les clients.
Mais le workflow commence en amont, dans
HubSpot.
Lorsqu’une opportunité commerciale comporte un besoin de 100 capteurs avec une probabilité de signature de 50 %, My Stock peut considérer un besoin prévisionnel de 50 capteurs. Lorsque l’opportunité avance dans le pipeline, ce besoin probabilisé augmente.
MerciYanis peut ainsi consolider ses besoins futurs avant même la signature des contrats et chercher à regrouper ses commandes afin d’optimiser le coût unitaire du matériel. La donnée commerciale devient directement exploitable par les opérations.
Guillaume Blanc envisage également de faire évoluer My Stock pour que les chefs de projet y gèrent davantage leur activité, là où une partie de ce travail passe encore par HubSpot.

Combien de temps a-t-il fallu à MerciYanis pour développer son propre ERP ?
MerciYanis a mis environ quatre mois pour obtenir une première version réellement en production, pour un effort que Guillaume Blanc estime à une trentaine de jours de développement.
Le profil du freelance compte beaucoup dans son retour d’expérience.
Il s’agit d’un ancien CPO, et non d’un pur développeur. Guillaume Blanc apprécie sa capacité à comprendre le besoin métier et à structurer le produit. Il échange également régulièrement avec le CTO de MerciYanis, dont il est un ancien collègue.
Cette organisation répond à la principale réserve de Guillaume Blanc sur le développement interne :
« Le risque que je vois quand tu fais une solution de ton côté, c’est une sorte de dette si les fondations sont mal construites. »
L’IA réduit le coût de production du code, mais pas la nécessité de prendre de bonnes décisions d’architecture.
Pourquoi Claude Code change-t-il le calcul entre build et buy ?
Pour Guillaume Blanc, les entreprises ont longtemps accepté un compromis : payer un abonnement pour un logiciel qui ne répondait pas exactement à leur besoin parce que développer une solution spécifique coûtait beaucoup trop cher.
L’IA modifie ce calcul.
« Avec les progrès de l’IA, le coût de développer son propre logiciel s’effondre. »
My Stock a été le premier test grandeur nature de cette hypothèse chez MerciYanis.
Son raisonnement n’est cependant pas « build plutôt que buy » par principe. La question devient plutôt : est-ce que le gain obtenu grâce à un outil parfaitement adapté compense la maintenance que MerciYanis devra ensuite assumer ?
Pourquoi utiliser Lovable pour ses petits outils internes ?
MerciYanis réserve
Lovable aux applications simples et aux besoins ponctuels, tandis que les outils plus structurants passent par une chaîne de développement autour de
Claude,
GitHub et
Vercel.
Après My Stock, MerciYanis a commencé à développer d’autres applications maison. Guillaume Blanc évoque une dizaine d’outils internes, généralement nommés avec le préfixe « My ».
Pour les applications les plus simples ou les fonctionnalités ponctuelles, l’entreprise privilégie Lovable. Guillaume Blanc le trouve plus « clé en main » que la chaîne utilisée avec Claude, où il faut notamment passer par GitHub et Vercel.
Des collaborateurs non spécialistes peuvent ainsi créer rapidement une petite fonctionnalité répondant à un besoin très précis.

MerciYanis applique une logique similaire avec les Skills de Claude. Plutôt que de développer une application pour chaque besoin, l’entreprise crée des instructions réutilisables qui permettent à Claude d’exécuter certaines tâches à partir des données et des règles internes. Guillaume Blanc cite par exemple un Skill capable de contrôler la marge d’un devis en allant chercher les coûts de référence des capteurs, ou un autre utilisé pour vérifier plusieurs milliers de QR codes.
L’idée est donc de choisir le niveau de développement en fonction du besoin : un Skill Claude pour automatiser une tâche précise, Lovable pour créer rapidement une petite interface, et une chaîne plus structurée autour de Claude, GitHub et Vercel pour les applications internes plus importantes.
La conséquence est assumée : MerciYanis dispose aujourd’hui d’une « mosaïque » d’outils internes plutôt que d’une grande interface unifiée. Guillaume Blanc ne considère pas encore cela comme un problème. Une page Notion sert simplement de point d’entrée et référence les différents outils.
Comment MerciYanis utilise-t-il My Success et My Facture ?
Parmi les outils créés après My Stock, Guillaume Blanc cite My Success et My Facture.
My Success est utilisé autour des activités Customer Success et projet. Il exploite notamment les données disponibles dans
HubSpot afin de fournir une interface davantage adaptée aux besoins internes.
My Facture répond à un autre problème.
MerciYanis utilise Axonaut pour les devis et la facturation, mais Guillaume Blanc estime que certains workflows ne vont pas suffisamment loin pour les besoins spécifiques de l’entreprise. Plutôt que de remplacer immédiatement Axonaut, MerciYanis a donc développé un module au-dessus.
My Facture est relié à
Axonaut via API et webhooks et connecté à HubSpot. Il sert notamment à mieux gérer les relances d’impayés et les renouvellements.
L’expérience de MerciYanis ne consiste donc pas systématiquement à supprimer le SaaS existant. Le développement interne peut aussi venir compléter les derniers 20 % d’un besoin très spécifique.
Pourquoi My Stock devient-il le référentiel des capteurs de MerciYanis ?
Le développement de My Stock a aussi modifié l’architecture de la donnée.
Historiquement, une partie de la connaissance sur les capteurs était documentée dans
Notion. My Stock contient désormais le véritable référentiel structuré, avec notamment les caractéristiques et coûts des capteurs.
MerciYanis a construit un MCP autour de My Stock afin de permettre à certains skills Claude d’exploiter directement ces informations. C’est notamment le cas du skill utilisé par les commerciaux pour contrôler les marges.
Le système peut récupérer un devis, consulter le coût d’achat d’un capteur dans My Stock et signaler qu’une remise risque de dégrader la rentabilité du projet. Notion continue à rendre cette connaissance accessible aux équipes, mais Guillaume Blanc explique que My Stock « va devenir l’organe central » du référentiel capteurs.
Pourquoi supprimer Webflow et redévelopper entièrement son site avec Claude Code ?
MerciYanis a supprimé
Webflow après avoir constaté qu’un freelance pouvait reconstruire son site avec Claude en moins d’une semaine, pour un coût d’environ 1 000 euros.
Après l’expérience My Stock, Guillaume Blanc et son CTO commencent à se demander si la même approche peut s’appliquer à d’autres équipes. Le marketing fournit rapidement un cas d’usage.
Laura rencontrait des difficultés pour faire évoluer Webflow. En début d’année, MerciYanis avait notamment payé environ 600 euros à un développeur pour ajouter un menu à une page. Le besoin était réel et la prestation avait été acceptée. Mais Guillaume Blanc commence à trouver l’équation difficile à justifier au regard des progrès du développement assisté par IA.
« Quand je vois les progrès, je trouve ça cher de payer 600 € pour un changement de menu. »
MerciYanis demande alors à un freelance de reproduire le site de manière « pixel perfect » avec Claude. Selon Guillaume Blanc, le travail prend moins d’une semaine.

Comment gérer son site sans Webflow ni CMS ?
Après avoir supprimé
Webflow, MerciYanis a également abandonné son CMS : les nouvelles pages sont produites directement en HTML avec Claude, tandis que les formulaires restent connectés à HubSpot.
Laura, au marketing, crée désormais les nouvelles pages avec Claude.
Les formulaires restent en revanche connectés à HubSpot. MerciYanis conserve donc la collecte et les automatisations CRM sans utiliser HubSpot pour construire la page elle-même.
Le site dispose également d’un design system destiné à encadrer les nouvelles créations. Au moment de l’interview, l’entreprise utilise encore deux systèmes distincts, un pour le produit et un pour le site, avec l’idée de les rapprocher.
Pour Guillaume Blanc, le changement est aussi organisationnel : Laura peut désormais faire évoluer directement certaines pages sans dépendre systématiquement d’un développeur ou d’une agence.
Quels bénéfices à coder son site avec Claude Code sans passer par Webflow, Wix ou Wordpress ?
Guillaume Blanc estime que le temps de chargement du site a été amélioré d’un facteur dix depuis sa reconstruction.
Il rapporte également la disparition de certains bugs visuels rencontrés auparavant lorsque des modifications sur
Webflow avaient des conséquences inattendues sur d’autres parties du site.
L’entreprise a enfin réduit sa dépendance à certaines landing pages construites dans
HubSpot. La page est produite directement en HTML, mais le formulaire reste connecté au CRM.
Comment Claude aide-t-il MerciYanis à mieux présenter son produit ?
L’autonomie gagnée sur le site encourage l’équipe à tester des formats qui auraient auparavant demandé des ressources externes.
Les sales ont par exemple commencé à utiliser Claude pour créer des GIF montrant le fonctionnement du produit. Guillaume Blanc apprécie particulièrement le format parce qu’il peut être inséré directement dans une présentation ou un email, contrairement à une vidéo Loom qui impose davantage de friction.
L’entreprise expérimente aussi le motion design et la 3D.
Jusqu’où MerciYanis veut-il internaliser son logiciel ?
La logique de MerciYanis n’est pas de supprimer toute sa stack SaaS, mais de développer en interne lorsque le besoin est suffisamment spécifique pour le justifier.
HubSpot reste central pour le CRM. Notion conserve un rôle important dans la documentation. Axonaut reste utilisé pour les devis et la facturation, même si MerciYanis lui ajoute des briques internes.
La différence est ailleurs : le coût perçu d’une alternative développée en interne a suffisamment baissé pour que Guillaume Blanc se pose désormais la question plus souvent.
Airtable a été remplacé. Zapier reste utilisé, mais beaucoup moins. Webflow a été supprimé. Axonaut est complété par My Facture. Et les petites applications spécifiques peuvent être créées avec Lovable.
Pour MerciYanis, Claude Code et Lovable ne remplacent donc pas indistinctement les SaaS. Ils abaissent surtout le seuil à partir duquel une équipe peut décider qu’un besoin suffisamment spécifique mérite son propre outil.
Résumé des logiciels mentionnés dans cet article sur la stack de MerciYanis
| État | Workflow | Logiciel | Usage |
|---|---|---|---|
| Remplacé par My Stock | Base de données / opérations | AirtableRemplacé par My Stock | Ancienne gestion du parc de capteurs, remplacée par My Stock |
| En usage | Automatisation | Zapier | Automatisations opérationnelles, usage divisé par dix |
| En usage | ERP / gestion des stocks | My Stock | Outil développé en interne pour gérer les capteurs, achats, stocks, prévisions et référentiel |
| En usage | CRM | HubSpot | Pipeline commercial et connexion avec les outils internes |
| En usage | IA | Claude | Développement, site, skills et création de contenus |
| En usage | Développement IA | Claude Code | Développement et workflows techniques |
| En usage | Création d'applications IA | Lovable | Création de petits outils internes |
| En usage | Développement | GitHub | Gestion du code des outils internes |
| En usage | Hébergement / déploiement | Vercel | Déploiement des développements internes |
| En usage | Documentation / collaboration | Notion | Documentation et point d'accès aux outils internes |
| En usage | Customer Success | My Success | Outil développé en interne pour piloter les workflows Customer Success |
| En usage | Facturation / recouvrement | My Facture | Outil développé en interne pour gérer les impayés et renouvellements |
| En usage | Facturation | Axonaut | Devis et facturation, complété par My Facture |
| Remplacé | Site web / CMS | WebflowRemplacé | Ancien site Internet |
| En usage | Communication vidéo | Loom | Comparé au GIF pour présenter certaines fonctionnalités |
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