Cédric Gibiat pilote le Digital, le Marketing client et la Performance commerciale des enseignes de Saint-Gobain Distribution Bâtiment France (SGDBF). Il explique à Soft Atlas pourquoi l’entreprise a retenu la CDP Imagino, comment celle-ci s’appuie sur Snowflake et ce que cette architecture change dans l’activation marketing et commerciale.
Avant le déploiement de sa CDP, SGDBF comptait une vingtaine d’applications dans son environnement marketing-vente, et les données clients étaient réparties entre de nombreux systèmes.
Pour remettre de la cohérence dans cet ensemble, l’entreprise a choisi la Customer Data Platform de l’éditeur français
Imagino.
Environ deux ans se sont écoulés entre l’expression du besoin et le déploiement effectif. Début 2026, les deux principales enseignes, Point.P et CEDEO, étaient en production ; trois autres enseignes sont en cours de déploiement.
Au-delà du choix d’un outil, le projet traduit une philosophie d’architecture : plutôt que de multiplier les connexions point à point entre logiciels métier, SGDBF a déployé
Imagino en mode « no-copy » sur Snowflake, la plateforme data du groupe. La CDP exploite directement les données stockées dans
Snowflake, sans les dupliquer, ce qui évite de maintenir deux référentiels clients distincts.

Outils cités dans cette partie
Pourquoi une CDP ?
Le point de départ était la fragmentation de la data client. Outre son ERP (SAP, baptisé ATLAS en interne), SGDBF s’appuyait sur de nombreuses solutions SaaS, des applications internes et des développements spécifiques à certaines enseignes.
La CDP devait aussi répondre à quatre autres besoins :
- la mise en qualité et la maintenance de la donnée client,
- l’enrichissement de la connaissance client
- l’activation omnicanale,
- et la gestion du consentement et des préférences de communication.
Pourquoi Imagino plutôt que Salesforce Data Cloud ?
SGDBF a principalement comparé
Imagino à plusieurs solutions d’éditeurs américains, dont
Salesforce Data Cloud. « De mon point de vue, la solution de Salesforce n’était pas encore complètement mature à l’époque, précise Cédric Gibiat. Elle était sans doute plus large fonctionnellement, mais aussi plus complexe à prendre en main pour nos utilisateurs internes. »
L’expérience utilisateur a pesé lourd dans la décision.
Imagino a été jugé plus simple pour construire des audiences, cibler et créer des opérations. L’objectif était que les équipes marketing des enseignes, du siège et des régions utilisent la CDP en autonomie, sans dépendre des équipes data.
Plusieurs critères ont complété l’évaluation :
- Proximité de l’éditeur : une société française qui affiche sa volonté d’associer ses clients à sa roadmap,
- Solidité et adaptabilité : un éditeur d’une taille suffisante et une solution capable de s’ajuster aux besoins,
- Scalabilité : près de 800 champs de données clients, des centaines de milliers de clients et des dizaines de millions d’enregistrements.

Pourquoi faire intervenir Converteo dès l’expression du besoin ?
SGDBF s’est fait accompagner par Converteo avant même la rédaction du cahier des charges.
Pour Cédric Gibiat, c’est l’un des principaux enseignements du projet : l’accompagnement ne doit pas commencer une fois le logiciel choisi, ni se limiter à l’intégration. Conserver le même partenaire de la définition du besoin jusqu’au déploiement a, selon lui, contribué au succès du projet.
Comment Imagino et Snowflake fonctionnent-ils ensemble ?
La règle est simple : tout nouveau besoin de data client passe d’abord par
Snowflake avant d’être exploité par
Imagino. Intégrer une source directement dans la CDP, sans transiter par le datalake, reste exceptionnel ou transitoire.
Cette règle a progressivement changé les réflexes des équipes.
« Notre premier réflexe est de faire entrer la data client dans Snowflake. D’ailleurs, pour les domaines Marketing et Vente, les deux sujets sont gérés dans la même instance de pilotage. »
Le bénéfice apparaît surtout dans le suivi des campagnes et des opérations commerciales. Si une donnée utilisée par Imagino est absente de Snowflake, il faut la récupérer puis la réconcilier pour relier les indicateurs intermédiaires d’une campagne (réception et ouverture des emails, par exemple) aux ventes. Centralisée en amont, elle est immédiatement disponible pour les tableaux de bord et le suivi des KPI.
En sortie, Imagino alimente plusieurs systèmes : Dartagnan pour les templates d’emailing, SAP Cloud for Customer (C4C) pour les forces de vente, et Nextpulse, la plateforme e-commerce « best-of-breed » développée en interne.

Relier le comportement en ligne et l’action en agence
L’un des apports les plus concrets d’Imagino concerne les parcours omnicanaux. SGDBF savait déjà relier le digital et son réseau physique, mais au prix de davantage de « tuyauterie » et d’échanges de données asynchrones entre systèmes.
Désormais, un comportement en ligne peut déclencher directement une alerte auprès d’un commercial. La visite d’une page, l’ouverture d’un email ou un clic sur un call-to-action constituent autant de signaux. Qualifié en lead chaud, ce signal est transmis à la force de vente dans C4C pour déclencher une visite ou une autre action commerciale.
Actito décommissionné d’ici fin 2026
Le projet permet aussi de réduire les doublons dans la stack. SGDBF utilisait historiquement Actito pour l’envoi des emailings. L’outil est en cours de décommissionnement, avec un arrêt prévu fin 2026, et Imagino reprend cette fonction. Dartagnan (racheté par
Justrelate) reste utilisé pour la conception des templates.
La CDP ne s’ajoute donc pas simplement à la stack existante : elle consolide des fonctions jusqu’ici réparties entre plusieurs outils.
Prochaine étape : mieux articuler Imagino et AB Tasty
SGDBF utilise
AB Tasty pour l’A/B testing et, de plus en plus, pour la personnalisation. L’enjeu est maintenant d’exploiter les données et les audiences d’Imagino dans AB Tasty pour personnaliser davantage l’expérience en ligne.
Ce chantier prolonge la logique suivie depuis le début : évaluer un logiciel sur ses fonctionnalités, mais surtout sur sa capacité à s’intégrer au reste de l’architecture.

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Résumé des logiciels mentionnés dans cet article sur la stack de Saint-Gobain
| État | Workflow | Logiciel | Usage |
|---|---|---|---|
| En usage | CDP / Marketing automation | imagino | Centralisation de la connaissance client, segmentation, activation omnicanale et emailing. Déployé en mode no-copy sur Snowflake. |
| En usage | Data platform | Snowflake | Socle central de stockage et d'exploitation des données clients, sans duplication dans Imagino. |
| En usage | ERPCRM / Sales | SAP | ERP interne, notamment source de données clients et transactionnelles.Transmission des leads chauds et des signaux comportementaux aux forces de vente. |
| En usage | Email design | Dartagnan | Conception des templates d'emailing utilisés dans les campagnes. |
| En usage | A/B testing / Personnalisation | AB Tasty | Expérimentation et personnalisation des parcours digitaux. Intégration avec les audiences Imagino à développer. |
| En usage | E-commerce | Nextpulse | Plateforme e-commerce développée en interne, alimentée par Imagino. |
| En usage | Conseil data / Intégration | Converteo | Accompagnement depuis l'expression du besoin jusqu'au déploiement de la CDP. |
| Remplacé par Imagino. | Marketing automation / Emailing | Solution historique d'emailing, dont l'arrêt est prévu fin 2026 au profit d'Imagino. | |
| Écarté | CDP | Salesforce Sales CloudÉcarté | Solution comparée à Imagino, jugée à l'époque plus complexe et moins mature sur certains aspects. |
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