Quels logiciels utilisent les équipes RH des grands groupes français ?
Les outils RH utilisés par les équipes ressources humaines des sociétés françaises de plus de 10 000 employés
- Entreprises
- 131
- Outils identifiés
- 109
- Catégories
- 1
- Dernière mise à jour
- oct. 2026
À propos de la cohorte
131 entreprises
Les enseignements
Les grands groupes français s’appuient sur une stack RH de plus en plus fragmentée. SIRH, paie, recrutement, formation, gestion des compétences, engagement collaborateur ou gestion des effectifs répondent à des besoins différents et sont rarement couverts par un seul logiciel.
Le benchmark Atlas des entreprises françaises de plus de 10 000 salariés montre une architecture RH organisée autour de deux couches. D’un côté, des systèmes RH centraux, sur lesquels des acteurs historiques comme
Sopra HR restent très présents. De l’autre, des logiciels spécialisés qui répondent à des besoins plus précis.
Cette spécialisation est particulièrement visible dans la formation et le développement des compétences, où
CoachHub,
Rise Up,
Edflex,
Simundia,
360Learning et
goFLUENT apparaissent dans les stacks observées. Elle se retrouve aussi dans l’engagement et l’expérience collaborateur, avec des solutions dédiées à la santé mentale, à la communication interne, à la reconnaissance ou à l’engagement sociétal.
Le recrutement et les ATS présentent une configuration différente.
Welcome to the Jungle occupe une place particulièrement importante dans le benchmark, devant
CleverConnect et de nombreux spécialistes du sourcing, de l’évaluation ou de la gestion des candidatures.
La cartographie fait ainsi ressortir une évolution du marché des logiciels RH pour grands groupes : le SIRH reste le socle de la stack, tandis qu’une part importante de l’innovation se déplace vers les compétences, la formation, l’engagement et l’expérience collaborateur.
Engagement et expérience collaborateur : Zest, Witco et la communication interne
Dans l’engagement et l’expérience collaborateur, les grands groupes du benchmark utilisent notamment
Zest,
Witco,
LumApps,
Steeple ou
Panopli.
Zest se positionne sur l’engagement et le pilotage RH, Witco sur l’expérience au bureau, LumApps et Steeple sur la communication interne, Panopli sur les cadeaux et objets responsables.
Les solutions de santé mentale et d’avantages, qui figuraient auparavant ici, forment désormais une catégorie à part. Komeet, centré sur l’engagement sociétal des salariés, est classé avec les plateformes de mécénat et de volontariat.
Cette diversité montre que l’engagement collaborateur ne correspond pas à un marché logiciel homogène : engagement, communication interne, expérience au bureau ou reconnaissance. Dans les grands groupes, elle favorise l’utilisation de spécialistes capables de traiter un besoin précis.
Avantages salariés et santé mentale : une catégorie devenue centrale
Les avantages salariés et la santé mentale forment l’une des catégories les plus fournies de la stack RH des grands groupes.
Moodwork,
Teale,
Holivia et
Moka.Care adressent la santé mentale et la prévention des risques psychosociaux.
Reward Gateway travaille sur la reconnaissance et les avantages.
HelloCSE,
Worklife,
Swile et
Glady couvrent les avantages et les services aux salariés.
Aucun acteur ne s’impose : les grands groupes combinent plusieurs spécialistes selon le besoin traité.
Talents externes et emploi international : Comet et Malt
La gestion des talents externes est bien présente dans le benchmark.
Comet y ressort nettement, devant
Malt : tous deux organisent la mise en relation et la gestion de freelances, notamment dans les métiers technologiques.
Eleven VMS se concentre sur la gestion des prestations intellectuelles et des ressources externes.
Pour les grands groupes, le sujet dépasse donc l’Employer of Record : il concerne la gestion d’une workforce composée de salariés, freelances, consultants et autres ressources externes.
SIRH : Sopra HR conserve une place centrale dans les grands groupes
Parmi les SIRH observés dans les grands groupes français de plus de 10 000 salariés, Sopra HR est l’acteur qui ressort le plus nettement dans le benchmark Atlas.
L’éditeur couvre notamment l’administration du personnel, la paie, la gestion des temps et activités, les talents ou encore l’analytics RH. Cette profondeur fonctionnelle est particulièrement importante dans des organisations comptant plusieurs dizaines de milliers de salariés, où intégration, conformité et gestion de processus complexes créent des barrières à l’entrée importantes.
Autour de ce socle apparaissent plusieurs acteurs plus spécialisés.
Kelio combine notamment SIRH, gestion des temps et contrôle d’accès.
Asys est historiquement positionné sur la gestion des temps et la planification.
Workelo se concentre davantage sur les parcours d’onboarding et d’offboarding.
Le benchmark fait également apparaître
Cegid,
Lucca ou
PeopleSpheres. Les acteurs des avantages salariés comme Worklife, Swile, Glady ou HelloCSE sont désormais classés en Employee Benefits.
Le contraste avec la formation est net : sur les fonctions RH centrales, la profondeur fonctionnelle et la capacité à gérer la complexité favorisent encore les plateformes installées. Sur les usages plus spécialisés, les grands groupes ajoutent davantage de solutions dédiées autour du SIRH.
Formation et développement des compétences : CoachHub, Rise Up et Edflex dans un marché fragmenté
Pour la formation et le développement des compétences, les grands groupes français du benchmark Atlas utilisent notamment CoachHub, Rise Up, Edflex, Simundia, 360Learning, goFLUENT,
365Talents,
Beedeez et
Neobrain.
Cette diversité s’explique par des positionnements très différents.
CoachHub permet de déployer le coaching à grande échelle auprès des collaborateurs. Rise Up se positionne davantage comme infrastructure de formation, avec une plateforme LMS permettant de gérer et personnaliser les parcours. Edflex répond au besoin d’accès au contenu en agrégeant des ressources de formation.
360Learning mise sur l’apprentissage collaboratif, goFLUENT sur les langues, Simundia sur le coaching, 365Talents et Neobrain sur les compétences et la mobilité, tandis que Beedeez s’est notamment développé autour de la formation des équipes terrain.
Un grand groupe peut donc combiner plusieurs types de logiciels : un LMS comme colonne vertébrale, une plateforme de contenus, un spécialiste du coaching et une solution de gestion des compétences.
L’IA accélère cette évolution en facilitant la création, la traduction et la personnalisation des contenus. Elle permet aussi de proposer des parcours davantage adaptés au rôle, aux compétences et aux objectifs de chaque collaborateur.
Paie : ADP dans une catégorie peu représentée
Dans la catégorie paie,
ADP et
Ceridian Dayforce sont les acteurs identifiés dans le benchmark Atlas.
Cela ne signifie pas que la paie est secondaire dans les grands groupes. Elle constitue au contraire l’une des fonctions RH les plus critiques, mais elle est souvent intégrée à des systèmes RH plus larges ou à des infrastructures historiques.
La présence de Sopra HR dans la catégorie SIRH illustre cette frontière : l’éditeur couvre lui-même la paie et le déclaratif, même si Atlas le classe ici parmi les SIRH.
La faible visibilité de la paie comme catégorie autonome contraste donc avec son importance opérationnelle dans les grandes organisations.
Performance et rémunération : Figures et Elevo couvrent des besoins différents
Dans la gestion de la performance, les solutions observées couvrent des problématiques allant de l’évaluation des talents à la rémunération.
AssessFirst, centré sur l’évaluation des profils et du potentiel, est désormais classé avec le recrutement.
Figures traite un problème plus spécifique : la rémunération. La plateforme centralise benchmarks salariaux, grilles de rémunération, campagnes de révision salariale et analyse des écarts de rémunération.
Elevo se concentre davantage sur les entretiens, les objectifs et les processus de performance.
La catégorie devrait également évoluer avec les nouvelles exigences de transparence salariale. La structuration et la documentation des décisions de rémunération créent un espace pour des logiciels spécialisés capables de compléter les fonctionnalités des SIRH.
Recrutement : Welcome to the Jungle particulièrement présent dans les grands groupes
Welcome to the Jungle est l’acteur du recrutement le plus présent parmi les entreprises analysées dans le benchmark Atlas. CleverConnect ressort également, aux côtés de nombreux spécialistes du recrutement.
Welcome to the Jungle a progressivement élargi son positionnement au-delà du job board et de la marque employeur. Sa Welcome Hiring Suite rassemble désormais marque employeur, matching entre candidats et entreprises, sourcing et ATS (Applicant Tracking System).
Cette combinaison répond à plusieurs enjeux des grands groupes. Il faut à la fois générer du trafic candidat, travailler la marque employeur, sourcer certains profils et gérer d’importants volumes de candidatures.
Derrière Welcome to the Jungle et CleverConnect, plusieurs spécialistes apparaissent dans les stacks observées : AssessFirst,
Hunteed,
My Job Glasses,
Maki,
JobTeaser,
Teamtailor ou
Tool4staffing.
Ils ne répondent pas tous au même besoin. Certains interviennent sur l’ATS, d’autres sur le sourcing, l’évaluation, les jeunes diplômés ou certains types de travailleurs. Le marché du recrutement se structure donc autour d’un socle auquel viennent s’ajouter des briques spécialisées.
Gestion des effectifs : Skello, Deputy et Shiftboard
Dans la gestion des effectifs (Workforce Management), le benchmark identifie
Skello,
Deputy et
Shiftboard, centrés sur les plannings et les temps.
Whoz et Napta, qui affectent les collaborateurs aux missions selon leurs compétences, sont désormais classés avec les outils de planification des ressources. Ils illustrent une évolution du marché : le passage de la simple planification à une gestion fondée sur les compétences, particulièrement adaptée aux sociétés de services, d’ingénierie ou de conseil.
À mesure que les entreprises structurent leurs données de compétences, les frontières entre formation, gestion des talents et gestion des effectifs devraient continuer à se rapprocher.
Les logiciels RH des grands groupes s’organisent autour d’un socle et de spécialistes
Le benchmark Atlas montre finalement une architecture RH à deux niveaux.
Le premier est celui du système RH de référence. Administration RH, données collaborateurs, paie et gestion des temps nécessitent robustesse, conformité et intégration. Les coûts de migration sont élevés, ce qui contribue à maintenir la place d’acteurs installés comme Sopra HR.
Autour de ce socle se développe une deuxième couche de logiciels RH spécialisés : formation, coaching, santé mentale, engagement, compétences, rémunération ou recrutement.
L’enjeu pour les grands groupes n’est donc pas nécessairement de trouver un logiciel RH capable de tout faire. Il est de faire fonctionner ensemble un socle stable et des solutions spécialisées sans multiplier les silos de données.
L’IA renforce cette évolution en donnant aux spécialistes de nouvelles capacités de création de contenu, de recommandation, de matching et d’analyse. Dans les grands groupes, la valeur d’un logiciel RH dépend ainsi de sa spécialisation, mais aussi de sa capacité à s’intégrer au reste de la stack.
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