Quels logiciels RH utilisent les entreprises du FT120 et du Next40 ?
Les outils des équipes RH des 120 entreprises technologiques françaises du Next120
- Entreprises
- 120
- Outils identifiés
- 55
- Catégories
- 1
- Dernière mise à jour
- oct. 2026
À propos de la cohorte
120 entreprises
La stack RH des entreprises du Next120 ne se résume plus à un SIRH central. Le benchmark Atlas fait apparaître neuf grandes catégories, avec des niveaux de concentration très différents.
Lucca ressort très nettement sur le SIRH,
Welcome to the Jungle sur le recrutement, tandis que
Figures,
Moka.Care,
Teamtailor ou
Swile illustrent la montée d’outils plus spécialisés. Cette fragmentation raconte surtout l’évolution de la fonction RH dans les scale-ups françaises : un socle administratif relativement standardisé, entouré de logiciels spécialisés pour recruter, rémunérer, former, engager et fidéliser.
L’analyse des stacks RH du Next120 fait apparaître une structure assez nette : plus les besoins RH deviennent spécifiques, plus le marché se fragmente.
Le SIRH est fortement concentré autour de Lucca, qui joue le rôle de plateforme RH centrale tout en s’intégrant notamment avec des moteurs de paie spécialisés. À l’inverse, le recrutement fait apparaître une multitude de solutions aux positionnements différents : marque employeur, ATS, cooptation, sourcing ou recrutement assisté par l’IA.
Entre les deux se développent des catégories autrefois beaucoup moins outillées : Performance & Compensation avec Figures, Employee Benefits avec Swile, Alan et Moka.Care ou encore Learning & Development avec
CoachHub,
Edflex et
360Learning.
Cette structure correspond bien aux besoins d’entreprises en forte croissance, souvent passées rapidement de quelques dizaines à plusieurs centaines de salariés. À cette taille, les RH doivent industrialiser leurs processus sans nécessairement basculer vers les grandes suites historiques conçues pour les multinationales.
Payroll : PayFit devant Silae
La catégorie Payroll est relativement concentrée dans le benchmark.
PayFit ressort devant Silae parmi les entreprises du panel. On retrouve notamment PayFit chez Akur8, Exotrail, Naboo, Pennylane et Stoïk.
Son positionnement est directement centré sur la paie, avec une plateforme qui associe production des bulletins, gestion administrative et fonctionnalités RH. Cette approche en fait une solution particulièrement adaptée aux entreprises qui souhaitent centraliser la paie et une partie de leur gestion RH dans un même outil.
Silae répond à une logique différente, avec un positionnement historiquement très centré sur le moteur de paie et un écosystème important de cabinets comptables et de partenaires.
Le benchmark fait ainsi apparaître deux approches de la paie : des plateformes intégrées comme PayFit, qui associent paie et gestion RH, et des moteurs de paie spécialisés comme Silae.
Recrutement : Welcome to the Jungle devant un marché très fragmenté
Le recrutement constitue la catégorie la plus riche en solutions.
Welcome to the Jungle ressort de très loin comme l’acteur le plus présent dans le panel. Mais cette présence doit être interprétée en tenant compte de son positionnement : Welcome to the Jungle n’est pas uniquement un ATS.
Son développement historique repose fortement sur la marque employeur et la mise en relation entre candidats et entreprises. L’entreprise élargit progressivement ce positionnement avec sa Hiring Suite, qui combine notamment marque employeur, sourcing, matching et gestion des candidatures.
Cette forte présence dans le Next120 n’est pas surprenante. Pour des entreprises en croissance, la problématique n’est pas seulement de traiter les candidatures : il faut aussi générer des candidatures et construire une marque employeur identifiable.
Mais derrière Welcome to the Jungle, le benchmark fait surtout apparaître un marché éclaté.
Teamtailor constitue l’un des acteurs les plus visibles derrière Welcome to the Jungle. On le retrouve notamment chez Electra, Foodles, Hublo, LegalPlace, Partoo, Planity, Stoïk et Swan. Son positionnement associe ATS, candidate relationship management et marque employeur.
Trusty attaque une brique beaucoup plus spécifique : la cooptation. L’outil permet aux entreprises de structurer les recommandations de candidats provenant de leurs propres collaborateurs.
D’autres acteurs illustrent la diversité de cette catégorie :
LinkedIn Talent Solutions constitue une brique importante de sourcing ;
Greenhouse,
Lever et
SmartRecruiters représentent davantage l’univers traditionnel des ATS ;
Omogen applique l’IA à certaines étapes du recrutement ;
Jemmo travaille sur le matching et la qualification des candidats ;
My Job Glasses se concentre davantage sur les rencontres professionnelles et l’attractivité des métiers.
Le recrutement illustre ainsi l’une des principales caractéristiques de la stack RH du Next120 : un même processus peut être découpé entre plusieurs logiciels spécialisés plutôt que confié à une suite unique.
SIRH : Lucca se détache très nettement
La catégorie SIRH est très concentrée dans le benchmark : Lucca s’y détache très nettement. La solution est présente chez de nombreuses entreprises du panel, notamment Agicap, Alma, Mistral, Pennylane, Swan ou Wandercraft.
Cette présence s'explique par un positionnement qui dépasse largement la gestion des congés. Lucca propose aujourd'hui un ensemble de modules couvrant les absences, les temps, les notes de frais, la performance, la formation, la rémunération ou encore la préparation de la paie.
Sur ce dernier point, Lucca ne cherche pas nécessairement à remplacer le moteur de paie. Sa plateforme peut collecter et contrôler les variables avant de les transmettre à des logiciels spécialisés comme Silae, Cegid, Sage ou ADP. Lucca joue ainsi davantage le rôle de plateforme RH centrale que celui de logiciel de paie.
Derrière Lucca, la catégorie rassemble des SIRH intégrés aux positionnements différents : Workday, Personio, HiBob, PeopleSpheres ou
Deel. Les acteurs venus de la protection sociale et des avantages salariés, comme Alan, Swile, Leeto, Worklife ou SideCare, sont désormais classés en Employee Benefits.
Workday représente une autre logique, davantage adaptée aux grandes organisations internationales, avec une suite RH particulièrement large.
Le benchmark montre ainsi une coexistence entre SIRH centraux et solutions spécialisées dont le périmètre s'élargit progressivement. Dans le Next120, Lucca se distingue toutefois nettement par son adoption, avec une approche modulaire particulièrement présente parmi les entreprises technologiques françaises.
Employee Benefits : Swile, Alan et Moka.Care, la couche la plus dense après le recrutement
Les avantages salariés forment la catégorie RH la plus fournie du benchmark après le recrutement.
Swile et Alan ressortent le plus : le premier sur les titres-restaurant et les avantages, le second sur la complémentaire santé. Leeto, SideCare ou Worklife étendent progressivement leur périmètre depuis les avantages et la protection sociale.
La santé mentale constitue l’autre pôle de la catégorie. Moka.Care ressort nettement, avec notamment BlaBlaCar, Doctolib, Ouihelp, Qonto et Yubo parmi les entreprises associées à la solution. Son positionnement combine accompagnement psychologique, coaching, programmes digitaux et prévention.
Teale et
OpenUp se positionnent également sur ce terrain, tandis que
Paladin et
Kor complètent la longue traîne.
C’est une catégorie récente. À mesure que les entreprises grandissent, les RH outillent des sujets qui étaient auparavant traités de manière informelle.
Performance & Compensation : Figures fait émerger la rémunération comme catégorie logicielle
La catégorie Performance & Compensation est très concentrée, avec deux acteurs présents dans l’analyse : Figures et
Lattice.
Figures ressort très nettement. On retrouve notamment la solution chez Alma, Doctolib, Malt, Partoo, PayFit, Pennylane, Qonto, Swan et Swile.
Son développement illustre une évolution importante de la fonction RH. Une partie des processus de rémunération était historiquement gérée dans des tableurs. Figures transforme cette activité en produit logiciel structuré autour du benchmark des rémunérations, des salary bands, des campagnes de révision salariale et de l’analyse de l’équité salariale.
La réglementation européenne sur la transparence des rémunérations renforce cette évolution. Les entreprises doivent progressivement mieux structurer leurs grilles, documenter leurs décisions et analyser les écarts de rémunération.
Cela transforme la compensation en problème de données.
La présence de Figures dans plusieurs scale-ups du panel illustre ainsi une tendance plus générale : les logiciels RH remontent progressivement de l’administration vers la décision.
Lattice répond à une problématique différente, davantage liée à l’évaluation, à la performance et au développement des collaborateurs.
AssessFirst, centré sur l’évaluation des profils, est désormais classé avec le recrutement.
La catégorie elle-même montre donc comment des processus RH autrefois relativement peu outillés deviennent progressivement des marchés logiciels autonomes.
Employee Engagement & Experience : une catégorie resserrée sur la communication interne
La catégorie Employee Engagement & Experience est désormais resserrée sur la communication interne et l’expérience collaborateur.
Steeple travaille sur la communication interne et l’engagement.
Panopli intervient sur l’expérience collaborateur à travers les objets et cadeaux d’entreprise.
Contrairement au Payroll ou au Recruiting, aucun acteur ne constitue ici un standard dans le Next120. Les outils de santé mentale, qui dominaient auparavant cette catégorie, sont maintenant classés avec les avantages salariés.
Learning & Development : CoachHub, Edflex et 360Learning illustrent la spécialisation
Le Learning & Development présente une structure similaire.
CoachHub et Edflex ressortent légèrement, aux côtés de 360Learning,
LinkedIn Learning,
Simundia et
Coorpacademy.
Mais ces logiciels ne répondent pas exactement au même besoin.
360Learning s’est construit autour du collaborative learning et du LMS. Edflex agrège des contenus de formation provenant de différentes sources. CoachHub et Simundia se concentrent davantage sur le coaching individuel et le développement des managers. LinkedIn Learning propose de son côté une bibliothèque internationale de contenus professionnels.
La fragmentation est donc en grande partie fonctionnelle.
Une entreprise peut vouloir gérer un catalogue de formations, permettre à ses experts internes de produire des contenus, proposer du coaching à certains managers ou donner accès à des ressources externes.
Il n’existe pas nécessairement un produit unique optimal pour tous ces usages.
Cette diversité correspond également bien au Next120 : lorsque les entreprises grandissent rapidement, le besoin n’est plus seulement de recruter des compétences mais aussi de faire évoluer celles déjà présentes dans l’organisation.
Talents externes et emploi international : Collective.work, Comet et Malt
Atlas regroupe désormais dans une même catégorie l’emploi international et le recours aux talents externes.
Collective.work,
Comet et Malt y apparaissent. Tous trois relèvent de la mise en relation et de la gestion de freelances plutôt que de l’Employer of Record au sens strict, qui consiste à employer des collaborateurs dans un pays sans y créer d’entité juridique.
La faible représentation de cette catégorie ne permet pas d’en faire un axe structurant de la stack RH du panel. Elle montre plutôt que la workforce des scale-ups se compose de plus en plus de salariés et de ressources externes.
Workforce Management : Evolia, sur un besoin moins central pour le Next120
La gestion opérationnelle des équipes est également peu représentée dans le benchmark.
Evolia est le seul acteur identifié dans la catégorie Workforce Management. Il couvre les plannings, les temps et présences et l’organisation des équipes. Envoy, positionné sur la gestion des visiteurs et des espaces, est désormais classé en Workplace & Facilities.
Cette présence limitée est cohérente avec la composition du Next120, largement constitué d’entreprises technologiques et de services.
Les besoins de Workforce Management deviennent généralement beaucoup plus structurants dans le retail, la restauration, l’industrie ou les organisations disposant de populations importantes travaillant en horaires variables.
La stack RH du Next120 devient modulaire plutôt qu’unifiée
Le benchmark fait finalement apparaître trois dynamiques structurantes.
La première est la standardisation de certains socles RH. Lucca ressort très fortement sur le SIRH, tandis que Welcome to the Jungle occupe une position particulièrement importante dans l’écosystème du recrutement.
La deuxième est la spécialisation croissante des fonctions RH à forte valeur ajoutée. Figures sur la rémunération, Moka.Care sur la santé mentale, Trusty sur la cooptation ou CoachHub sur le coaching ne cherchent pas nécessairement à devenir le système RH central. Ils cherchent d’abord à être meilleurs sur une problématique précise.
La troisième est le mouvement inverse de consolidation des plateformes. Les acteurs qui atteignent une certaine taille élargissent progressivement leur périmètre : Welcome to the Jungle de la marque employeur vers l’ATS et le sourcing, Lucca autour de son socle RH, Deel de l’emploi international vers une plateforme RH plus large.
Deux forces opposées structurent donc le marché.
D’un côté, les entreprises cherchent à réduire le nombre d’outils et à éviter une donnée RH trop fragmentée. De l’autre, de nouveaux logiciels apparaissent dès qu’une fonction devient suffisamment stratégique pour justifier un produit spécialisé.
L’analyse des stacks du Next120 suggère qu’à ce stade, la spécialisation continue de résister à la consolidation. Les plateformes centrales constituent le socle de la stack, mais une partie croissante de la valeur se déplace vers des spécialistes capables de traiter beaucoup plus profondément un problème RH précis.
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