Quels logiciels finance utilisent les entreprises du FT120 et du Next40 ?
Les outils des équipes Finance des 120 entreprises technologiques françaises du Next120
- Entreprises
- 120
- Outils identifiés
- 56
- Catégories
- 2
- Dernière mise à jour
- oct. 2026
À propos de la cohorte
120 entreprises
Que nous enseigne ce benchmark ?
Spendesk, Stripe, Pennylane, Pigment, Chargebee, Navan… Quels logiciels financiers retrouve-t-on dans les entreprises de la French Tech ? L’analyse des stacks des entreprises du FT120 et du Next40 fait ressortir quelques leaders, mais surtout un marché très spécialisé, où les éditeurs français occupent une place importante.
Il n’existe plus vraiment de « logiciel de finance ».
Il existe des logiciels pour payer, facturer, gérer ses abonnements, suivre sa trésorerie, construire son budget, relancer ses clients, contrôler ses dépenses ou gérer ses achats.
C’est ce que montrent les données collectées par Atlas sur les entreprises du FT120 et du Next40. Quelques noms ressortent particulièrement :
Spendesk dans le Spend & Expense Management,
Stripe dans les paiements,
Chargebee dans la facturation récurrente,
Pennylane dans la comptabilité et
Pigment dans le FP&A.
La cartographie fait apparaître sept grandes familles :
Payments : Stripe, GoCardless, Mangopay, Adyen, Alma, Payplug, Splitit, Zip
Accounting : Pennylane, Lucanet, Roundtable, Sage, Teledec
Billing & Receivables : Chargebee, Upflow, Zuora, CashOnTime, Hyperline, Factomos, Respaid, Shine
FP&A & Treasury : Pigment, Spiko, Agicap, Kyriba, Airporting, Buddl, Fathom, Outline
Spend & Expense Management : Spendesk, Navan, Mooncard, Dext, Payhawk,
RevolutProcurement & Accounts Payable : Payflows, Najar, Libeo, Pivot, Yooz
Business Banking & Financing : Defacto, Eldorado, Qonto
Ces familles sont plus fines qu’il y a quelques mois. Un Agicap et un Upflow apparaissaient tous les deux en Accounting alors qu’ils ne résolvent pas le même problème : le premier est maintenant classé avec la trésorerie, le second avec le poste client. C’est justement l’un des enseignements de cette cartographie : la finance s’est fragmentée en une multitude de besoins spécialisés, et les frontières entre les catégories restent poreuses.
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Paiements : Stripe face à GoCardless, Mangopay et Adyen
Stripe est la plateforme de paiement qui ressort le plus dans les stacks analysées. Son positionnement correspond bien aux besoins d’entreprises technologiques qui doivent intégrer le paiement directement dans leurs produits et leurs parcours clients.
Mais les données Atlas montrent aussi que le choix d’une Payment Platform dépend fortement du modèle économique.
Les marketplaces ont par exemple des problématiques particulières : elles ne doivent pas seulement encaisser un client, mais organiser des flux entre plusieurs parties. BlaBlaCar et
Malt utilisent ainsi Mangopay, spécialisé sur ce type de problématique.
Autre cas intéressant, en dehors de ce classement : Bridge, qu’Atlas range avec les infrastructures d’Open Banking, apparaît chez plusieurs fintechs et logiciels financiers du panel, notamment Agicap, Pennylane et Qonto. Son infrastructure d’Open Banking et de paiement de compte à compte peut être directement intégrée à leurs propres produits.
GoCardless, historiquement spécialisé dans les paiements bancaires récurrents et le prélèvement, apparaît notamment chez PayFit.
À côté de ces acteurs, Atlas retrouve également Adyen, Alma, Payplug ou Splitit sur des besoins plus spécifiques.
Pour les entreprises technologiques du FT120, le paiement n’est donc souvent pas une simple fonction support : il fait partie de l’infrastructure du produit, ce qui favorise des solutions spécialisées selon les modèles.
Accounting : Pennylane seul en tête, les spécialistes sont partis
La catégorie Accounting est désormais la plus concentrée de la cartographie.
Pennylane y ressort très nettement, avec un périmètre qui dépasse largement la production comptable : facturation clients, achats, paiements, dépenses, trésorerie et collaboration avec l’expert-comptable. Lucanet sur la consolidation et le reporting, Sage ou Teledec complètent la catégorie.
Cette concentration est récente dans le classement Atlas. Les spécialistes qui gravitaient autour du logiciel comptable ont chacun rejoint la catégorie de leur métier : Upflow et CashOnTime le poste client, Agicap la trésorerie, Payflows et Yooz les achats et les comptes fournisseurs, Dext la gestion des dépenses.
Cela confirme une réalité des entreprises en croissance : plus l’organisation se structure, moins la comptabilité suffit à décrire le travail de la direction financière.
Business Banking & Financing : Defacto, Eldorado et Qonto
La catégorie regroupe les comptes professionnels et le financement des entreprises.
Defacto se concentre sur le financement court terme, tandis qu’Eldorado intervient sur la recherche et l’accès au financement. Qonto, parti du compte bancaire, ajoute progressivement des briques de gestion.
Une particularité du FT120 se lit en dehors de ce classement : certaines entreprises du panel intègrent des services bancaires dans leurs propres produits. Swan, qu’Atlas classe avec les infrastructures de Banking-as-a-Service, apparaît ainsi chez Agicap, LegalPlace et Pennylane. Pour ces entreprises, la banque devient une infrastructure logicielle, au même titre que le paiement ou l’hébergement cloud.
Billing & Receivables : Chargebee, Upflow et Hyperline, du contrat à l’encaissement
La facturation et l’encaissement constituent une problématique particulièrement présente dans un panel composé de nombreuses entreprises SaaS ou fonctionnant avec des revenus récurrents.
Chargebee et Upflow ressortent le plus. Le premier gère les abonnements, les plans tarifaires, les renouvellements et leur évolution dans le temps, avec une présence notamment chez Partoo et Spendesk. Le second se concentre sur le poste client et le recouvrement. Zuora adresse des problématiques plus larges de monétisation et de revenus récurrents.
Le développement d’Hyperline est lié à une évolution des modèles économiques : la facturation devient plus complexe. De nombreuses entreprises SaaS et IA combinent désormais utilisateurs, volumes consommés, API, crédits prépayés ou différentes règles contractuelles. Hyperline construit son produit autour de ces problématiques de billing et de revenue management B2B.
CashOnTime sur le credit management, Respaid sur les impayés, Factomos et Shine sur la facturation des petites structures complètent la catégorie. Elle couvre ainsi toute la chaîne du revenu, de l’abonnement jusqu’à l’encaissement.
FP&A & Treasury : Pigment, nouvelle référence du pilotage financier
Sur le Financial Planning, Pigment est le nom qui ressort le plus clairement dans les données Atlas.
Son succès accompagne une évolution du rôle de la direction financière. La comptabilité permet de comprendre ce qui s'est passé. Le FP&A cherche davantage à comprendre ce qui va se passer et à préparer les décisions qui en découlent.
Pigment centralise planification, forecasting, reporting et scénarios dans un même environnement. La plateforme dépasse désormais la seule finance pour permettre également de modéliser les ventes, les effectifs ou la supply chain.
L'IA prend logiquement une place croissante dans le produit, notamment pour analyser les données et interagir plus directement avec les modèles de planification.
Mais les autres outils présents dans cette catégorie ne font pas tous du FP&A au sens strict :
Buddl travaille sur la planification et le reporting financier.
Outline se positionne également sur le pilotage financier.
Agicap travaille sur la trésorerie et la prévision de cash.
Kyriba vient historiquement du treasury management et couvre notamment liquidité, risques et paiements.
Spiko s’attaque à une autre question : comment placer la trésorerie disponible de l’entreprise.
Kyriba et Spiko montrent notamment que le pilotage financier ne se limite pas au budget. Une entreprise doit également prévoir son cash, gérer ses liquidités et décider comment placer la trésorerie dont elle n'a pas besoin immédiatement.
Le point commun de ces outils est qu'ils se situent davantage du côté du pilotage et de la décision que de la production comptable.
Spend & Expense : Spendesk face à Navan, Payhawk et Mooncard
Le Spend & Expense Management est la catégorie où le signal est le plus net dans les données Atlas.
Spendesk ressort très largement dans le panel. Son succès auprès des scale-ups correspond à une problématique simple : à mesure que les effectifs augmentent, les cartes bancaires partagées, notes de frais et validations manuelles deviennent difficiles à gérer.
Mais la catégorie s’est elle-même progressivement spécialisée.
Navan combine notamment voyages d’affaires et gestion des dépenses, Mooncard s’est développé autour des cartes corporate et de l’automatisation des dépenses, tandis que Payhawk combine plusieurs briques de spend management.
La frontière entre spend management et achats reste mince, et Atlas en fait désormais deux catégories distinctes.
Achats et comptes fournisseurs : Payflows et Najar ouvrent une nouvelle couche
Les données Atlas font apparaître une couche à part autour des achats et des factures fournisseurs.
Payflows, utilisé notamment par Alan, Ledger ou Spendesk, se positionne comme une couche opérationnelle qui orchestre différents processus financiers au-dessus des systèmes existants. Najar, utilisé notamment par Back Market, LegalPlace ou Ornikar, intervient en amont de la dépense : demande d’achat, validation, gestion des fournisseurs et pilotage du procurement. Libeo, Pivot et Yooz apparaissent également sur ce terrain.
Cette évolution correspond bien aux problématiques des scale-ups. Avec quelques dizaines de collaborateurs, les achats peuvent rester informels. Avec plusieurs centaines de personnes, différents pays et de nombreux fournisseurs, ils deviennent un véritable processus d’entreprise.
La croissance pousse à spécialiser la stack finance
Pris dans leur ensemble, les choix du FT120 et du Next40 racontent surtout une évolution de la fonction finance.
Une jeune entreprise peut gérer une grande partie de ses opérations avec quelques outils généralistes. Mais à mesure qu’elle grandit, chaque sujet gagne en complexité.
Les marketplaces doivent orchestrer des flux financiers entre plusieurs parties. Les SaaS doivent gérer leurs abonnements et des modèles tarifaires plus complexes. Les entreprises internationales doivent mieux contrôler leurs dépenses et leur trésorerie. Les organisations de plusieurs centaines de collaborateurs structurent leurs achats et leur planification financière.
Les données Atlas montrent ainsi une logique assez claire : la croissance crée progressivement de nouvelles catégories de besoins, qui favorisent l’apparition d’outils spécialisés.
C’est probablement ce qui distingue le plus la stack finance du FT120 de celle d’un échantillon composé d’entreprises plus petites ou plus traditionnelles.
Après la spécialisation, la stack finance se consolide
Cette spécialisation crée néanmoins son propre problème : la multiplication des logiciels à connecter et des données financières à réconcilier.
Plusieurs éditeurs cherchent donc désormais à élargir leur périmètre.
Spendesk remonte des dépenses vers les factures fournisseurs et les achats. Pennylane ajoute autour de la comptabilité facturation, achats, paiements et trésorerie. Agicap élargit son terrain au-delà du cash management. Payflows rapproche plusieurs workflows financiers. Qonto ajoute progressivement des briques de gestion autour du compte bancaire.
Même Stripe ne se limite plus depuis longtemps au paiement.
Pour les entreprises du FT120 et du Next40, l’enjeu pourrait donc progressivement s’inverser. Après avoir équipé chaque fonction avec un logiciel spécialisé, les directions financières doivent désormais gérer la complexité créée par cette accumulation.
L’IA pourrait accélérer cette consolidation. Un agent qui n’accède qu’aux notes de frais peut automatiser quelques tâches. Un agent qui comprend simultanément les fournisseurs, les factures, les comptes bancaires, les contrats et le budget dispose d’un terrain d’action beaucoup plus large.
Les données Atlas montrent aujourd’hui une stack finance très spécialisée.
La prochaine bataille sera peut-être de savoir quels acteurs réussiront à réunir suffisamment de briques pour devenir le point d’entrée principal de la direction financière.
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